Comment se faire à l'évidence éphémère de la mort ?
Il avait peur d'être "néantisé". Elle n'avait pas une peur vicérale, mais un dégoût pour la mort.
Elle trouvait ca avillissant, moche et sinistre. Elle trouvait que dans la mort, il n'y a rien à apprendre, rien à voir, rien à savoir. Elle trouvait aussi que le mystère entretenait la mort intime. Comme si l'intimité choisie était celle du choix que l'on peut encore faire en choisissant de ne voir que Tel ou Untel.
Elle refusait de nous voir parceque son esprit était intact, spectateur de ce qu'elle detestait. Elle regardait son corps désagrégé et rendu informe par la maladie et la souffrance, les médicaments et les opérations, et elle disait "je me dégoute".
Il y a une part de moi qui se brise en imaginant qu'on puisse dire ça pour ces raisons là, celles qui sont inhérentes à la maladie et à la fin de vie.
il y a une part de moi qui disparait devant le vide laissé par Elle et Lui, j'ai du accepter cette nouvelle solitude de l'adulte. J'ignorais, parcequ'on m'avait bien gardée, que la vie se logeait dans la mort.
Aujourd'hui je le sais, je le possède et je suis comme prête à vivre enfin avec la réalité.
Je les aime, ils sont mort, et je les aime encore.
jeudi 20 novembre 2008
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